Thailande – L’Armee Thailandaise au pouvoir 14 janvier
Thaïlande -- L’Armée Thaïlandaise au Pouvoir
Rama VI et l’idéal nationaliste
Eduqué en Angleterre, Rama VI ( 1910-1925 ) en revient avec une admiration exaltée pour l’idée de Nation, et devient l’iniateur d’un mouvement de nationalisme xénophobe qui prendra pour cible l’immigration Chinoise. Les grands travaux avaient en effet favorisé l’immigration d’une main-d’oeuvre de coolies chinois, tandis que les besoins de l’État et l’ouverture du système d’enseignement avaient permis à des Chinois d’entrer dans l’administration.
Lorsque la première Guerre Mondiale éclate, le Roi prend le partie de l’Angleterre, tandis que les élites, plutot hostiles à la France, penchent pour l’Allemagne. Reste neutre, le pays y gagnera une place de membre de la SDN et la possibilité, avec l’aide americaine, de renégocier les traites inégaux le liant à la France et à la Grande-Bretagne. Le Siam conquiert ainsi sa totale souveraineté et la maitrise de ses douanes. Mais, entouré de favoris, Rama Vi pratique une gestion autocratique et depensière de l’État, dans une période de fort déséquilibre commercial du pays.
Rama VII ( 1925-1935 ) son sucesseur. décide de rétablir les comptes publics et amorce une double rupture qui préfigure les transformations institutionnelles que va connaitre le Royaume. Ils s’entoure du conseil du Royaume ( compose de cinq princes ) et du conseil privé, une organisation qu’il envisage comme l’embryon d’un parlement forme sur le modèle Anglais d’un sénat aristocratique et d’une chambre basse.
La Fin de la Monarchie, au Régime transitoire
La crise de 1929 et le choix desastreux de maintenir la parite or de la monnaie indexee sur la livre sterling vont affecter gravement les exportations de riz. Or, la politique de rigeur budgetaire qui suivit frappa surtout la bourgeoisie naissante, a travers la supression de postes de fonctionnaires et la mise en place d’un impot sur les seuls salaires, epargnant les revenus fonciers. Cette situation de crise et la rapport de forces devinnent favorables aux » Jeunes Turcs » du regime.
A l’ete 1932, ceux-ci prirent le pouvoir sans difficulte et imposerent au souverrain d’un regime transitoire, dont le caractere democratique, devait intervenir a moyen terme losrque la population serait suffisamment scolarise. Le choix des hommes places aux postes cles, le droit de veto et de dissolution accorde au souverain, tout fut mis en oeuvre pour rassurer l’etranger et les milieux conservateurs.
Cette mutation avait eu pour instrument le parti du peuple, animé par ceux que l’on appelait alors les » Promoteurs « . Alliées de circonstances, deux factions composaient cette formation politique : les militaires, plus conservateurs, liés aux propriétaires terriens et à leurs clientèles populaires, et les civils, plus progressistes, appartenent aux bourgeoisies urbaines du commerce et du savoir. Deux courants incarnés, le premier par Pridi, juriste, le second par Phibun, officier occultant une véritable démocratisation de la vie politique, leur rivalité allait désormais occuper le devant de la scène publique Siamoise.
Moins d’un an aprés le cout d’État, le programme économique et social proposé par l’aile gauche du parti allait provoquer la première crise du régime et fédérer les militaires et leurs alliés, le Roi et les anciennes élites princières en un bloc conservateurs et anticommuniste. En 1933, les premières éléctions donnaient la majorité aux civils, qui constituerent un gouvernement d’union avec les militaires.
C’estla maîtrise de l’appareil administratif civil et militaires et la conquête progressive des postes clés ( intérieur, et la Défense ) qui donnerent à l’armée le contrôle du pays, alors même que les éléctions de 1938 envoyaient une majorité » Social-Démocrate » au parlement.
La trop brêve expérience du pluralisme ne survécut pas à l’arrestation et à l’éxécution des nombreux opposants. Les forces au pouvoir entendent faire de la doctrine » Pan-Thai » ( de Siam, le pays devenait la Thaïlande ), un principe de gouvernement sur le plan intérieur. Cela se traduit par une série de lois descriminatoires contre la diaspora Chinoise et un principes expansionniste visant à conquérir des territoires peuplés en majorité de populations de famille linguistique Thaïe.
L’État adopta des méthodes de fascismes européens, plus en désaccord sur la place réduite qui lui était faite que sur la nature même du régime, Rama VII s’était exilé en 1935 en Grande-Bretagne sans désigner son sucesseur. Le choix du Prince Ananda, alors agé de dix ans, et la nomination d’un conseil de régence, équivalait a une quasi-suppression de la fonction monarchique.
Les avantages de la geurre froide
Pour l’État mojor Thaï, la déblacle militaire française de juin 1940 fournissait l’occasion de réviser les traités accordant à la France la rive gauche du Mékong et les provinces Cambodgiennes de Battambang, Siem Reap et Sisophon. Le gouvernement de Vichy s’y refusait, mais aprés quelques combats avec les troupes Française et sous la presion du Japon devenu la puissance dominante dans la région, la Thaïlande annexait ces territoires par le traité du 9 mai 1941.
Soutenu par une asemblée nommée par moitié par son propre gouvernement, Phibun faisait entre-autre figure de héros National, vainqueur de la France. Jusqu’à l’ultimatum des troupes Japonaises ( 7 Décembre 1941 ) exigéant la liberté de traverser le territoire Thaïi en direction de la Birmanie Britannique, le pays avait maintenu un équilibre neutre entre les belligérants, le Japon et la Grande-Bretagne. Mais, confronte à l’entrée de l’armée niponne, Phibun signa une alliance militaire avec Tokyo et déclara la guerre à la Grande-Bretagne.
En dépit de sa relégation au conseil de régence, et privé de pouvoirs politiques, Pridi et certaines factions de l’élite, organiserent la résistance aux troupes d’occupations Japonaises à travers le mouvement Seri Thai, les Thaïs libres. Les difficultés de la guerre affaiblirent la position de Phibun qui démisionna à l’été 1944 au profit du tandem Pridi-Kuang. Pour ces derniers, la tache consista d’abord à placer la Thaïlande dans le camp des vaiqueurs malgré les actes de guere contre la grande-Bretagne et la France.
La Thaïlande dans la lignée Américaine
Grâce à l’appui des États-unis et au prix de la réstitution des territoires enlevés aux deux Empires coloniaux, la Thaïlande entre à l’Onu en 1947. Dans le contexte de la guere froide et de la l’éliminisation brutale des opposants et la fin de la démocratie ne soulevèrent aucune réaction sur le plan international. Considérée comme le seul allié dans une région menacée par le communisme, le pays entra dans l’orbite américaine. Washington y envoya des troupes accompagnées de crédits considérables au profit de l’Éducation, de l’Agriculture, des Infrastructures, une manne dont les militaires et leurs clientèles détournèrent une part non négligeable.
Mais la menace que représentait le retour, en 1951, d’un nouveau Roi, l’actuel Rama IX, ramena á la constitution de 1932, confortant le pouvoir de la junte qui entreprit une répréssion des activités anti-thaïes, frappant ausi bien les intellectuels, que toute la » Gauche » et les Chinois. Malgré quelques signes timides d’assouplissement du régime ( l’abrogation en 1955 des mesures descriminatoires à l’encontre des Chinois ), la lutte pour le pouvoir se déroulait exclusivement dans le cadre étroit des fractions déjà au pouvoir et notamment entre la police et l’armée.
Représente par trois hommes, Sarit, Thanom et Prapat, celle-ci l’emporta en 1957, demeurant l’unique force au pouvoir. La seule véritable difficulte provenait des élétion, toujours délicates à manipuler, même avec de nombreux et puissants instruments de pression, comme en témoigna l’échec de l’armée aux éléctions de 1958, Sarit s’attacha alors à mettre en place un regime combinant la dictature politique à un programme économique et social populiste, le tout coloré par un retour aux traditions, et notamment à la monarchie, seule capable de légitimes le pouvoir. Sa mort, en 1963, mit en lumière l’etendue de la corruption dont il s’était rendu coupable.
L’équipe Thanom-Prapat reintroduisit un certain pluralisme politique tout en confisquant le pouvoir et en obtenant une legalite apparente grace a des constitutions ( 1952-1973 ) s’explique surtout par le developpement economique et social du pays au cours de ces decennies, favorise par l’aide financiere americaine.
Le Retour de la société civile Thaïlandaise
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la population Thaïlandaise avait doublé. La classe moyenne urbaine était de plus en plus nombreuses et instruites, mais privée de débouchés, c’est tout naturellement les étudiants qui, en 1972, prendront la tête d’un vaste mouvement de mécontentement, visant aussi bien l’absence de constitution démocratique que le stationnement des troupes américaines et la hausse des prix.
La contestation s’amplifia pour aboutir aux grandes manifestations d’octobre 1973. Celles-ci tournèrent à l’émeute et furent violemment réprimés par la police, faisant de nombreux morts. Un élan populaire qui, bien que sans précédent, n’aurait sans doute pas abouti à un changement de régime si les détenteurs du pouvoir n’avaient pas perdu le soutien du Roi et celui de l’armée.
Avec un sénat nommé par le Roi, une assemblée élue au suffrage universel, et surtout l’inéligibilité des fonctionnaires à des militaires, la Constitution du 5 octobre 1974 remettait le pays sur la voie de la démocratie, mais dans un climat d’xtrême méfiance à l’égard de la clase politique et sur fond de fin de guerre du Vietnam, de retrait américain et de hausse du prix du riz, des troupes paramilitaires d’extrême droite vont se livrer à une impitoyable chasse » Anti-communiste » visant les étudiants et les syndicalistes paysans et ouvriers. Une lutte qui culminera dans l’assaut donnée, le 6 Octobre 1976, à l’université de Thammasat à Bangkok, dont certaines scènes, d’une violence inouie, ont fait le tour du monde.
Ignirant la constitution, une énième reprise en main par l’armée ramène l’ordre, mais au prix de la suspension de toutes les libertés civiles. Dans un contexte difficile marqué par l’arrivée de près de 600 000 refugiés cambodgiens et la forte augmentation du prix de l’énergie consécutive aux deux chocs petroliers, la formation du premier cabinet du général Prem, au tout début des années 1980, devait pourtant ouvrir une ère d’exceptionnelle stabilité politique, avec un retour à la croissance et à la democratisation.
La transition de 1988, par la voie des éléctions, avec le gouvernement du général chatichai illustra ce processus, et le coût d’État du général Suchinda en février 1991, avec les manifestations qu’il suscita et la répression sanglante qu’il entraina ne renouèrent pas avec l’époque des juntes militaires.
La vie politique Thaïe d’aujourd’hui
Le multipartisme galopant et l’instabilité gouvernementale chronique demeurent les traits caractéristiques du jeu politique Thaï. Pour les nouvelles élites civiles du Monde des affaires, possédant plus de moyens financiers que de légimité régionale, l’achat des voix pallie l’enracinement local. Trois forces semblent pourtant capables de peser significativement sur ce cercle vicieux pour l’infléchir : Le Roi, l’Ethique bouddhique et la société civile.
Le Roi n’intervient directement dans la vie politique qu’en de trés rare occasions, mais c’est précisemment la rareté de ces interventions qui lui confère une autorité absolue. L’actuel Roi Bhumibol, ou Rama IX, avait ainsi appelé à l’arret de la violence en 1973 et en 1993. Il a pu ainsi, par des engagements personnels, indiquer des priorités. Ses sages conseils et l’intérêt profond qu’il porte à son peuple, lui valent d’ailleurs un profond respect de la part de toute la nation.



























